L’article 79 de la loi de finances pour 2026 introduit une évolution importante du dispositif des redevances pour pollution de l’eau. Derrière une modification technique du Code de l’environnement, c’est en réalité un signal assez clair envoyé aux industriels : la pression économique liée aux rejets polluants va s’intensifier. Jusqu’ici, les redevances visaient principalement les rejets classiques d’origine non domestique. Désormais, le texte crée une nouvelle redevance spécifique visant les rejets de substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), ces « polluants éternels » particulièrement surveillés. Toute installation soumise à autorisation environnementale et à l’origine de tels rejets sera concernée. Concrètement, l’impact financier peut être significatif. La redevance est assise sur la masse de polluants rejetés, avec un principe simple : plus l’installation émet, plus elle paie. Des premières estimations évoquent un ordre de grandeur d’environ 100 € pour 100 grammes rejetés, avec un seuil d’entrée fixé à 100 grammes par an. Pour certains sites industriels fortement émetteurs, la facture pourrait rapidement atteindre des niveaux élevés, rendant économiquement plus pertinent l’investissement dans des technologies de réduction des rejets. Au-delà du coût direct, la réforme introduit aussi de nouvelles obligations techniques. Les industriels devront être en mesure de mesurer précisément leurs rejets (autosurveillance,…